«Je suis partout. Quand tu vas pour couper du bois, je suis dans le bois. Quand tu soulèves la pierre, je suis sous la pierre… ».
Non pas : je suis le bois, je suis la pierre, mais chaque fois que tu es là, vraiment là, absorbé dans la rencontre du monde créé, alors JE SUIS là ! Là où tu es, dans la présence aiguë, JE SUIS aussi.
Être là ! Le secret, il n’y a rien d’autre. Il n’est pas d’autre chemin pour sortir des léthargies nauséabondes, des demi-sommeils, des commentaires sans fin, que de naître enfin à ce qui est. »
Christiane SInger
 

La « brûlure du Poème » Est en moi comme un vide incendiaire

Rien d'heureux ni de malheureux ne nous advient jamais dont nous n'ayons en nous préparé le nid.
Christiane Singer « Les Âges de la Vie »


Notre aveuglement est grand lorsque la réalité se plie mal aux grandes options de notre intellect. Souvent, notre cérébralité fonctionne comme le comité central d’un Etat totalitaire, qui ne laisse filtrer que les informations qui le consolident.
Christiane Singer « Les Âges de la Vie »
"Il n’y a qu’un crime, c’est de désespérer du monde.
Nous sommes appelés à pleins poumons à faire neuf ce qui était vieux, à croire à la montée de la sève dans le vieux tronc de l’arbre de vie. Nous sommes appelés à renaître, à congédier en nous le vieillard amer !!!"
Christiane Singer - Derniers fragments d'un long voyage
« La littérature c’est de prendre sa vie infiniment au sérieux. »
Christiane Singer

« La « brûlure du Poème »
Est en moi comme un vide incendiaire
Que je n’ai pas voulu remplir. A jamais neuf.
Et qui s'invente de neuf chaque jour. »
Cette parole de Christiane Singer,
Quelques jours avant de refermer son cahier 
De célébration et de douleur,
Derniers fragments d’un long voyage, 
Reste en moi l’empreinte absolue du Mystère en sa vie,
Le secret de sa brûlante présence au monde
Le "Poème" qu'elle nomme encore dans son écrit, faute d’autre vocable,
De ce mot religieux de « christianisme »,
Avec ce "isme" accolé à toutes les idéologies triomphantes et défaites de la modernité,
C'est aussitôt pour l'effacer
Sous le souffle d'un vent qui parcourt toutes les terres de l'humanité,
En chaque être relié à tous en son indivisible unité.
Christiane habite un jardin 
Où le tombeau de toutes les religions reste vide à jamais.
Elle a traversé la terre des concepts
Qui croient se faire de la vérité 
Une proie saisissable,
Une Source à notre portée,
Du croyable à notre mesure. 
Ce n'est pas du vraisemblable qu'elle nous monnaye
À longueur de pages, de romans, de récits 
Mais de l'invraisemblable,
À jamais neuf chaque jour.
Ce n'est pas du croyable qu'elle nous distille,
Mais du feu,
Du soleil,
De la pourpre incendiaire !
Elle invite chacun à retrouver en soi
Le fil de la merveille,
Et ce n'est pas là légende pour crédules affamés de signes,
Mais nudité pour la raison,
Folie pour les sages,
Scandale pour les croyants.
Car nul vêtement ne peut plus recouvrir
Ce jaillissement de vie ardente
Dont elle a apprivoisé la Source,
Nulle explication,
Nulle compréhension…
Seulement le geste pur de se tenir
Au lieu de la plus dure traversée,
Et de ne pas récuser la Parole qui en jaillit :
En ce lieu de désolation et d'allégresse,
De vulnérabilité et de force,
De mort et de vie.
Au cours des derniers mois de son existence,
Elle y a basculé toute entière.
Elle n'a rien gardé par devers elle ;
Et c'est pourquoi elle se tient au lieu de toutes nos déroutes
Comme une porte grande ouverte,
Une allée de traverse,
Un rayon de soleil perçant le rideau opaque de la pluie.
Chacun de ses mots, relus intensément,
Nous confie à l’instant même le sésame,
Ce souffle de fin silence 
Que nous gardons en nous
Comme l'étincelle de la Vie la plus sacrée.
Là où nous sommes le plus singulier
Croît le germe qui nous relie à l'universel,
Là où nous nous sentons le plus perdu,
Le plus abandonné,
S'offre le lieu Unique et tendre de la Rencontre Fraternelle.  
Jean Lavoué, 4 mai 2017 

Nous croyons que l'amour vient de nous être octroyé par la personne que nous aimons et que cette personne détient l'amour.  Or, l'amour n'est aux mains de personne. Ni entre mes mains, ni entre les siennes.  Il est entre nous.  Il est ce qui, entre nous, s'est tissé depuis notre première rencontre, ce que l'espace insaisissable entre nous a engendré et continue d'engendrer d'instant en instant. Une oeuvre fluide et perfectible à l'infini.
Christiane Singer 
N'oublie pas les chevaux écumants du passé

Christiane Singer insistait beaucoup, dans ses conférences, sur la nécessité de soigner particulièrement les arrivées et les départs, les commencements et les fins, et de ne jamais "perdre le fil de la merveille". En ce temps de passage d'une année vers une autre, je nous souhaite, à toutes et tous, de ne pas perdre ce "fil de la merveille", même et surtout quand il est difficile de ne pas désespérer, et de saluer avec gratitude l'année qui se termine pour les dons reçus.

"Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre. Les Dieux se rient de nos théories. C’est une manière intense d’être . Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, c’est cette intensité surgie de l’intérieur. C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le goût. Chacun est dans une telle richesse! Mais il faut que cette richesse soit réveillée. La transmission, c’est cette attention portée à un autre qui fait qu’en lui surgit le meilleur de lui-même."


Christiane Singer

« Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d'entendre la petite phrase qui, à elle seule peut faire basculer une vie :
Où cours-tu ? Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous. Où cours-tu ?
Si tu contraire nous faisions halte - ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu :
Ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous ».
Christiane Singer « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en Toi ? »
« C'est notre participation muette à tout ce qui a lieu sur terre, notre coresponsabilité qu'il s'agit de reconnaître. Seul celui qui a osé voir que l'enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui.
C'est le travail sur l'ombre, la traversée de la nuit
Qui permettent la montée de l'aube. »
Christiane Singer « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en Toi ? »
« Rien n'a lieu sur cette terre qui ne m'implique.
Chaque guerre est la retombée radioactive de ma haine quotidienne
Et de celle de mes frères humains. Tandis que chaque action juste, chaque parole claire redresse ma tête, me restitue mon humanité perdue. »
Christiane Singer « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en Toi ? »
J’appelle vie aujourd’hui …
J’appelle vie aujourd’hui cet étrange jeu d’équilibriste,
cet acte qui consiste à tenir les contraires en équilibre,
tout en restant debout sur le fil, mieux en y dansant.
Christiane Singer « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en Toi ? »

Notre devoir le plus impérieux est peut être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui, je sortirai vivante du plus sombre des labyrinthes. Christiane Singer

 


Oui, effectivement, je reconnais mes mots. Ces mots que j'approuve encore plus aujourd'hui. Effectivement, il faut suivre ce fil, ce fil d'ariane qui nous mène toujours de suprise en surprise. Ce fil, comme on si on tenait un cerf volant qui nous emmènerai toujours plus loin dans la vie. Mais si nous ne prenons pas le risque de nous saisir de ce fil alors nous resterons à jamais dans notre labyrinte intérieur. Nous resterons avec nos regrets et notre désespoir. Nous nous laisserions mourir à nous même, sans avoir jamais osé. Quelle tristesse ça serait. Alors osez, allez y! Il est temps mes amis. La vie n'attend pas. Elle filera avec ou sans vous. Alors courez, prenez ce fil et laissez la vie vous inviter dans ce beau voyage.

Toute démarche spirituelle est avant tout un bain de matière. Matière et prière sont Un. Christiane Singer
Plonger dans la matière pour trouver du coeur et de l'esprit. Ne pas avoir peur de ce trop plein d'énergie. Caresser tous ces objets au détriment de la vie qu'on mène, qu'on a toujours mené jusque là. Ne pas s'embourber dans tout ce marasme provençal et éphémère. Juste sentir les éléments autour de soi et en soi. Faire partie d'eux, comme ils font partie de nous. Ne plus croire à cette séparation illusoire. Juste croire et être là. Étendre le voile de l'oubli au delà de tout. Fermer la porte à l'extérieur, au Tout. Faire abstraction de ces plaintes, de ces supplications. Faire taire l'extérieur pour entendre l'intérieur. Se donner à soi, pour une fois. Ne plus s'oublier à travers le monde. Juste être là comme un arbre traversé par le vent, comme un rocher rouillé par les flots. Ne pas se sous estimer, s'accepter comme on est.

Lorsque quelque chose dérange il ne faut pas forcément l'attaquer aveuglément sans même avoir réfléchie. Il faut le comprendre, le décoder. Il faut aller au devant de lui, sans chercher à le fuir à tout prix. Ce qui nous dérange, remue forcement quelque chose en nous, il faut trouver quoi. Ce n'est pas forcement quelque chose qui finira par nous nuir. Parfois ce qui nous remue peut nous aider à ne pas rester sur nos aquis mais peut être au contraire, à avancer, à aller toujours plus loin. Avancer, découvrir, prendre des risques au détriment de son petit confort mental personnel. Pourquoi rejettez vous toujours ce qui vous remue? De quoi avez vous peur? De vous laisser porter par le courant et de perdre tous vos repères? Jettez vous à l'eau, plongez entièrement. Profitez de l'instant. Ne vous focalisez pas sur un point précis mais sur le tout. Ce Tout qui vous traverse de part en part, qui vous met à nue, devant lequel nous pouvons qu'être nous même. Être soi, comme un animal, un enfant, un arbre. Être soi et le Tout. Ne plus sentir la différence entre soi, les autres et ce Tout. Ce Tout dans le temps, dans l'espace. Ce Tout en soi qu'on a jamais appris à connaitre et qu'il faudrait que chacun apprenne à découvrir. Se dépasser soi même, dépasser ses peurs et ses préjugés, dépasser son petit monde pour entrer dans Le Monde. Voici comment chacun pourrait réagir lorsque des turbulences pulvérisent son petit univers.
Je vous embrasse. Christiane Singer

Et si l'essentiel d'une vie consistait à accueillir l'ébranlement, la secousse, le dérangement causé par "l'autre"? Christiane Singer
Rester immobile dans sa vie, dans ses certitudes, c'est se laisser mourir, au final. S'enmurer dans une seule vision qui s'étend à l'infinie c'est tout simplement se perdre à l'infinie. Comment est il possible de connaitre le monde, la vie qu'en entendant un seul écho? Non, mes amis! Il faut sortir de sa torpeur, se réveiller à l'autre soi. Ce soi qu'on a en l'autre et que l'autre a en nous même. Laissons nous surprendre par une nouvelle idée, une nouvelle pensée. Oui, ça nous dérange parfois et alors? Pourquoi ce besoin de montrer les crocs, de sortir les griffes? Quelle obscurité l'obscurité de l'autre réveille en nous? Quelle est cette chose qui gronde au fond de nos ténèbres, qui parfois révèle en nous ce besoin de détruire l'autre? Après tout s'en prendre à lui c'est s'en prendre à nous même.

Christiane Singer

Christiane Singer

 

Que pensez-vous des voyages dans le monde? Est ce une chance à saisir pour l'homme et la femme du 21 ième siècle? Le développement de l'aviation civile permet de voyager dans tous les pays du monde. Peut être même d'envisager de faire un tour du monde. Qu'en pensez vous?    


Les voyages en soit est une chose merveilleuse. Le voyage en soi aussi. Ne pas se contenter de son petit monde, ne pas se cantonner à ces quatres murs, mais les dépasser, aller plus loin. Pourquoi ne pas aller toujours plus loin, se remplir de tout ce qu'on découvre en chemin. Ce sont tous ces souvenirs qui nourissent l'ame et non les biens qu'on pourrait amasser toujours plus. Au final pourquoi faire? Remplir les poches de ses vetements de pierres et se laisser couler dans la tamise? Quel gachis ça serait! Le monde est si beau. Il faut le boire, le mordre à pleine dents, en savourer chaque gorgée, chaque bouchée. Evidemment que c'est une chance! Quel enfant n'a pas rêvé d'être explorateur, de prendre son baluchon, de se tirer ailleurs, de partir à la découverte d'un autre monde que le sien. Maintenant que vous en avez les moyens, pour ceux qui le peuvent, allez y! Ne vous arretez surtout pas à vos peurs de l'organisation, du futur. Haussez les épaules en éclatant de rire et élancez vous! Oui, tous les pays du monde peuvent être visités. Mais avez vous déja visité vos proches, vos voisins, vos connaisances? Il est bien de vouloir aller très loin mais parfois le lointain est juste devant vous, à votre porté. Chaque être renferme déja un pays, un monde, un univers à lui seul. Serait ce logique de partir dans toutes les directions puis de vite revenir nous enfermer chez nous en évitant les éboueurs, les sans abris, les jeunes qui font trop de bruit, etc? Ça serait d'une hypocrisie infinie. Le transport aérien est évidement plus que pratique, mais est ce le meilleur, le plus sage? Pourquoi ne pas retrouver ce goût d'antant pour la marche, le vélo, le train, etc? Le voyage n'est il pas plus important que la destination? L'avion sert d'aller d'un point A à un point B, et entre les deux qui y a t'il? Pourquoi ne pas partir de chez vous à pied jusqu'à un certaint point, rentrer chez vous en transport et puis revenir en transport jusqu'à l'endroit où vous vous étiez arrêter, continuer votre route, rentrer en transport et ainsi de suite? Là vous utiliserez votre corps pour vraiment voyager et les transports seulement pour vous déplacer. Voyager c'est apprendre, découvrir, s'émerveiller de tout. C'est sortir de son monde pour aller dans Le Monde, dans lequel il y a celui de l'autre, celui de tous les êtres.

 

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Christiane Singer